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#Business Consulting #Support Opérationnel #Supply Chain #Corona

Comment une tour de contrôle de la chaîne logistique
peut vous aider à surmonter la crise du Covid-19

Lundi 20/04/2020
SupplyChain_Tower

Les réseaux de chaînes d’approvisionnement dans le monde entier sont durement éprouvés par la crise du Covid-19. L’offre et la demande sont sous pression en raison des réactions de panique mondiales, des lockdowns et de la fermeture des frontières. Dans quasiment tous les secteurs, les responsables de la chaîne d’approvisionnement remuent ciel et terre pour obtenir une vue d’ensemble décente des flux de marchandises durant la plus grande crise logistique de l’histoire. Une tendance capitale semble se dessiner : le Covid-19 accélère la création de Supply Chain Control Towers, ces tours de contrôle de la chaîne d’approvisionnement.

  • Comment les Supply Chain Managers peuvent-ils retrouver la maîtrise de la chaîne de valeur ?
  • Pourquoi l’intégration avec les fournisseurs et les distributeurs est-elle si critique ?
  • Pourquoi le moment est-il tellement opportun pour investir dans les nouvelles technologies ?

Une réaction en chaîne inédite perturbe le monde de l’approvisionnement

Un grand nombre de pays ont décrété un lockdown et ont fermé leurs frontières (entièrement ou non) pour contenir dans la mesure du possible la pandémie du coronavirus. Ces mesures sont bénéfiques pour la santé publique, mais elles ont également un impact important sur la chaîne logistique. Fin 2019, le Covid-19 sévissait gravement dans certaines régions clés de l’Asie du Sud-Est, mettant gravement sous pression l’approvisionnement en matières premières et en produits semi-finis pour certains secteurs. Les conséquences pour les secteurs de la fabrication et de l’assemblage dans d’autres parties du monde se sont rapidement fait sentir et ont eu un impact jusqu’à la livraison au consommateur final. Aujourd’hui, cette réaction en chaîne sans précédent perturbe les flux de marchandises à l’échelle mondiale – de la matière première au produit fini, du producteur de base au consommateur.

Des ondes de choc du côté de la demande

Il n’y a pas que l’offre, la livraison aussi se retrouve sous pression. Depuis le début du mois de janvier, les grands médias ont abondamment commenté la problématique du coronavirus. En conséquence, ce sont principalement les producteurs et les grossistes en Europe et aux États-Unis, qui ont constitué des tampons supplémentaires dans un premier temps. En d’autres termes : une première onde de choc s’est produite du côté de la demande. Mi-février, lorsque tout le monde a compris que le virus n’épargnerait pas l’Europe, les consommateurs ont eux aussi commencé à s’inquiéter. Un mois plus tard, les autorités ont commencé à décréter de manière accélérée des mesures de lockdown. L’impact qui s’ensuivit sur la demande a été énorme : les consommateurs ont paniqué et commencé à thésauriser les produits de base, tandis que la demande de nombreux produits non basiques s’est effondrée. En d’autres termes : une deuxième onde de choc du côté de la demande.
Les changements de la demande se déplacent généralement en amont de la chaîne d’approvisionnement (le fameux effet « bullwhip » ou « coup de fouet »). Il paraît dès lors évident que les évolutions successives et rapides de la demande mondiale des suites du coronavirus posent un défi logistique sans précédent.

À court terme : mieux comprendre la chaîne de valeur de bout en bout

Dans l’immédiat, le défi qui se pose aux professionnels du supply chain est de comprendre la situation. Chaque jour, ils doivent se remettre en question : où sont les stocks et en quelles quantités ? Qu’en est-il de l’approvisionnement ? Comment évolue la demande ?
À court terme, il importe de collecter des données et de répondre très rapidement aux fluctuations incessantes de l’offre et de la demande. Dans la pratique, cela signifie que les planificateurs logistiques et les coordinateurs de la chaîne logistique, plus que jamais, maintiennent les entreprises à flot. Agir à court terme revêt une importance capitale, mais il apparaît d’ores et déjà clairement que vous devez mettre en place cette coordination logistique au-delà des frontières de votre propre entreprise. Il est nettement plus efficace de collaborer avec vos principaux clients et fournisseurs pour obtenir une vue d’ensemble de bout en bout, plutôt que de se débrouiller seul avec des informations provenant de votre propre usine ou de vos entrepôts. Plus que jamais, on comprend l’importance de l’échange d’informations, en particulier dans un contexte de chaînes d’approvisionnement mondialisées et complexes.

Meilleur flux de données = meilleur flux de marchandises

Les entreprises qui, avant la crise, étaient déjà bien intégrées avec leurs fournisseurs en récoltent aujourd’hui les fruits. Tout qui dispose d’un aperçu (en temps réel) des niveaux de stock de ses fournisseurs, tout qui a accès à la planification logistique des 3PL et des transporteurs, est mieux armé pour estimer les livraisons à ses propres usines et entrepôts. Mais en plus, si vous savez ce qui se passe en aval, c.-à-d. si vous savez ce qui est vendu aux distributeurs et aux clients finaux, vous disposez d’un avantage supplémentaire indéniable. Une simple addition fait clairement comprendre que si vous recevez des mises à jour régulières sur les produits qui quittent votre réseau de distribution et sur ce qui est vendu aux détaillants, vous pouvez utiliser ces informations pour savoir rapidement les quantités que vous devez produire. Vous savez donc aussi immédiatement quelles commandes vous devez passer auprès de vos fournisseurs. Plus le flux d’informations se déroule de manière optimale, mieux vous pouvez organiser le flux des marchandises. S’il y a un enseignement important à retirer de la crise du coronavirus, c’est le suivant : les entreprises qui se sont fortement intégrées aux systèmes et processus logistiques de leurs fournisseurs et clients ces dernières années sont plus à même de sortir indemnes de cette crise.

Les Supply Chain Control Towers deviennent une pratique courante

Parmi ses citations tellement pertinentes, Winston Churchill a dit un jour : « Never waste a good crisis » (Ne faites jamais l’économie d’une bonne crise). Effectivement, une crise nous oblige à chercher des solutions hors des sentiers battus. Même si le Supply Chain Management n’était plus le parent pauvre de l’entreprise depuis deux décennies, il demeurait plus difficile que pour d’autres secteurs de dégager des budgets pour réaliser de grands progrès.

Certes, des mesures ont été prises afin de poursuivre la numérisation des chaînes d’approvisionnement. Mais de nombreuses entreprises ont quelque peu hésité à se tourner vers des technologies comme l’Internet des objets, le Blockchain et une forme avancée de Business Analytics. Le coronavirus va incontestablement favoriser un nouveau bond en avant. Le coronavirus fournit aux responsables de la chaîne logistique des arguments et la dynamique nécessaire – après la première crise – pour investir massivement dans ces nouvelles technologies. Il n’est plus imaginable de se contenter du statu quo. Il faudra impérativement créer les fameuses Supply Chain Control Towers : des rapports qui procurent une vue holistique de l’offre et de la demande tout au long de la chaîne de valeur. Tant à haut niveau qu’au niveau du détail. L’Internet des objets alimentera ces rapports avec des mises à jour en temps réel. Chaque vente, où qu’elle se déroule dans le monde, est enregistrée. Chaque Bill of Lading, chaque mouvement de conteneur, partout dans le monde… rien n’échappe à l’œil qui voit tout de la Supply Chain Control Tower, la tour de contrôle de la chaîne d’approvisionnement. Dans un premier temps, cette évolution se concentrera purement sur le rapportage et l’information. Dans une deuxième phase, la tour de contrôle prendra un nombre croissant de décisions logistiques et l’IA et le Machine Learning (l’apprentissage machine) assembleront le puzzle optimal de la chaîne d’approvisionnement.

Lorsque le gros de la crise sera passé, le coronavirus aura eu pour conséquence que les professionnels de la chaîne d’approvisionnement se réveilleront dans un autre monde, pleinement numérique cette fois. C’est un défi, mais surtout une formidable opportunité d’optimiser et de renforcer les chaînes d’approvisionnement dans un monde de moins en moins prévisible.

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Joël Wijns
Joël Wijns
Partner Business Consulting